Centre d'Études et de Documentation Économiques, Juridiques et sociales
facilityChâtillon, France
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Top-cited papers from Centre d'Études et de Documentation Économiques, Juridiques et sociales
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Issus d’un colloque organisé à Tanger , les articles de ce numéro ouvrent des perspectives géographiques variées pour décrire la modernité de mondes sociaux construits autour de lieux frontaliers, en tirant parti au niveau économique, culturel et politique de la rupture de souveraineté instituée par la frontière. Ce n’est certes pas nouveau de considérer que les frontières font monde et que s’organisent, en ces bords d’Etat, des lieux très paradoxaux, puisqu’ils semblent nier la possibilité m...
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Longtemps délaissés par les acteurs de la ville, les fronts d’eau des métropoles sud-méditerranéennes sont récemment entrées dans l’ère des « mégaprojets », selon leur désignation médiatique locale. Ce type d’action urbanistique, inscrite dans un régime d’exception par rapport à la fabrique plus ordinaire de la ville, invite les chercheurs à emprunter les chemins d’une analyse pragmatique, qui fait la part belle à l’observation des modes de faire mis en œuvre par des acteurs en situation, et qui vise à documenter un certain nombre d’épreuves à travers lesquelles la démarche d’action se concrétise ou non. Cette irruption des fronts d’eau, orchestrée par les hautes autorités, pilotée par des sociétés d’aménagement « dédiées » et financée par de nouvelles « holdings » publiques et privées, venues pour l’essentiel des pays du Golfe, traduit un certain nombre de mutations contemporaines de la fabrique de la ville : privatisation, internationalisation et financiarisation croissante de l’aménagement.
Cet article interroge les pratiques de transgression de la loi et le lien entre illégalité et espace en prenant pour exemple le commerce transnational de biens ordinaires. Après avoir rappelé la difficulté à nommer les flux et les limites d’une classification selon des catégorisations binaires et stato-centriques, l’article pointe, dans une perspective foucaldienne, le rôle clé de l’État dans la délimitation légal/illégal. Celle-ci est construite par des dirigeants au pouvoir qui mettent en œuvre de façon différentielle la loi et l’instrumentalisent selon leurs intérêts. Les relations locales entre agents de l’État et trafiquants relèvent ainsi plus de la symbiose que d’une opposition. Jeu transgressif avec les règles, l’informalité se trouve non pas en dehors, mais au cœur de l’État. Enfin, l’article aborde l’impact spatial des activités informelles et illégales, arguant qu’elles sont spatialement sélectives et privilégient certains lieux, telles les zones frontalières.
Depuis la mise en exploitation de leurs ressources en hydrocarbures à partir des années quarante, les pays du Golfe ont attiré une main-d’œuvre étrangère de plus en plus nombreuse. Il y avait déjà, d’après les chiffres de l’OIT, environ 7 millions d’étrangers dans les six pays membres du Conseil de Coopération du Golfe en 1995. Ils représentaient environ 30 % de la population en Arabie Saoudite, 60 % au Koweït, 30 % à Bahreïn, 80 % au Qatar et aux Émirats Arabes Unis, et 25 % en Oman. Encore ...
L’exemple du pèlerinage à La Mecque effectuée par des commerçants tchadiens au cours de la deuxième moitié des années 1990 illustre le chevauchement des activités religieuses et commerciales. Islam et négoce sont intimement liés depuis le VIIe siècle (Arditi, 1993 ; Kane et Triaud, 1998). Si le commerce caravanier fut l’un des principaux vecteurs de la propagation de l’islam au sud du Sahara, réciproquement, l’islam offre un cadre favorable aux transactions, d’une part parce qu’il permet de c...
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La Békaa est un espace rural périphérique, tardivement intégré au territoire libanais. Depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), cette région pauvre et délaissée par l’État connaît des transformations paysagères, économiques et urbaines suite aux investissements des émigrés et à l’évolution libérale du contexte économique. La région fut occupée par l’armée syrienne (1976-2005) puis visée par les bombes israéliennes (2006). Cet espace stratégique est une terre d’affrontements entre partis libanais, entre puissances étrangères et entre les autorités syriennes et libanaises. Le développement régional est conditionné par ces facteurs politiques.
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Le but de cette présentation est de tenter une évaluation dans le temps des marges formelles de jeu sur les statuts et les identités en Égypte, à une époque où l'ordre ottoman, fondé sur l'encadrement communautaire, n'en finit pas de disparaître pour céder la place à un ordre national qui, se voulant plus égalitaire, ne reconnaît que des individus, des citoyens. Cet ordre juridique ottoman, lui-même tardif, s'effondre en trois étapes: par la définition positive d'une citoyenneté (1926-1929),...
Sur la rive arabe du golfe Persique, Doubaï est la seconde ville des Émirats Arabes Unis, après Abou Dhabi, la capitale fédérale. Depuis une trentaine d'années, le devenir de Doubaï est lié à l'exploitation des hydrocarbures, directement, car l'émirat dispose des modestes revenus pétroliers de quelques gisements bientôt épuisés, et indirectement, puisqu'il profite, par le biais du budget fédéral, des immenses ressources de l'émirat d'Abou Dhabi. Mais Doubaï est aussi une cité-marchande, héritière d'une longue tradition maritime fondée sur la pêche perlière et la navigation commerciale, partie prenante dans la mondialisation comme centre de transit et de redistribution vers des horizons qui dépassent désormais ses liens traditionnels avec l'Iran et le sous-continent indien. Cet article s'efforce de montrer que Doubaï n'est pas une simple ville pétrolière du Golfe, Babel futuriste bâtie sur du sable, mais une métropole post-pétrolière, édifiée sur un projet économique qui intègre le passé prépétrolier pour en faire un atout dans la compétition internationale.
Bennafla Karine. Entre Afrique noire et monde arabe : nouvelles tendances des échanges "informels" tchadiens. In: Tiers-Monde, tome 38, n°152, 1997. pp. 879-896.
À l’ombre des palmiers de Siwa, oasis berbère égyptienne, la phrase de ‘Abduh qui m’assène « Pourquoi j’irais voir d’en haut ce que je connais déjà d’en bas ? » suffit à ébranler l’universalité du concept de paysage. Cela ne suffit pas pour autant à comprendre la variété des qualités et des usages des espaces. La voie privilégiée ici est celle d’une anthropologie de terrain qui s’appuie sur l’empathie plutôt que l’ignorer : c’est un peu plus que « le partage de situations » induit par la simple observation participante, c’est l’investissement dans la relation à un « autre » singularisé. Néanmoins, si cette implication reste de même intensité quelle que soit l’échelle spatiale étudiée (de l’oasis au jardin), les différents niveaux d’organisation spatiale renvoient à des présentations et des « réceptions » variables de son identité ou de son altérité (pour le chercheur que je suis comme pour les habitants de Siwa).
L’épisode révolutionnaire soudanais qui débute mi-décembre 2018 dans des villes de province culmine en avril 2019 avec la destitution d’Omar al-Bashir et l’occupation de la place al-Qiyada. Cet épisode marque la fin de la première phase de ce soulèvement populaire. Au-delà de l’aspect événementiel, cet article plaide pour inscrire dans le temps long cette révolte d’une ampleur inégalée dans l’histoire sociale et politique du Soudan. Ce texte entend la décrypter au travers de trois axes d’analyse. Tout d’abord, la révolution soudanaise est à lire au prisme de l’érosion du consensus populaire et idéologique que le régime a cherché à bâtir depuis 1989. Ensuite, cet article replace la période actuelle au sein d’un processus antérieur de massification et de diffusion de contestations protéiformes et multidimensionnelles. Enfin, ce soulèvement dans un espace autoritaire peut être appréhendé au travers de sa spatialisation et d’une géographie des inégalités sociales qui mettent à jour les ressorts d’une révolte dans laquelle des mécanismes de classe autant que de génération sont en jeu.
Les autorités égyptiennes se sont-elles jamais souciées des villes nouvelles du Grand Caire, véritables bombes à retardement au niveau de leur coût environnemental et économique et machines à fabriquer de l’injustice sociale ? Avant la chute du régime de Hosni Moubarak, la vente des terrains s’est opérée à un rythme effréné, sans pilotage d’ensemble, ni stratégie autre que celle de partitionner le désert en lots et réserver les meilleures localisations aux groupes proches du régime si l’on se réfère aux affaires qui ont éclaté dans la presse en 2011. Pourtant avant même la « révolution », le Ministère de l’Habitat, de l’Aménagement et des Villes Nouvelles, aidé de consultants égyptiens et internationaux, a entamé une refonte de l’approche : passage à un urbanisme stratégique, fin du zoning, démarrage d’opérations immobilières plus mixtes socialement et nouvelle priorité donnée à la planification de transports en commun de masse. L’article vient documenter ce tournant qui semble s’esquisser au milieu des années 2000 sur fond de saturation du marché de l’immobilier de luxe et de consommation effrénée des ressources naturelles. Il s’accompagne des premières expériences de la part des promoteurs privés eux-mêmes en faveur du logement économique ou mieux pensées en matière d’urbanisme environnemental compte tenu du contexte désertique.
http://vbat.org/spip.php?article36
This work on social history tries to study the elite of Egypt based on the educational investment which they made in foreign schools, and particularly in French schools, from 1920 to 1960.<br />The period under consideration corresponds to a time when views on national identity are being formed, when Egyptian nationality and citizenship are being put into place and when the "body" of political society, through much conflict, is taking shape.<br /> Foreign schools, be they French, English or American, denominational or "secular", were one of the scenes of this confrontation. Monopolised until World War II by a clientele of "local foreign minorities" or by high-ranking civil servants related to monarchy, they were the expression of a "trans-community" system which was embodied by the municipality of Alexandria.<br /> Through the capitulation system, they were thus able to develop their own network of assistance and recruitment. Yet, even before the Abd al-Nasser revolution, they were literally taken over by the "national" elite produced by the development of education in the Twenties.<br /> Through the distorting lens of "foreign schools", institutional views and cultural policies dedicated to "spreading french culture", we catch a glimpse of the nation-State under construction in the valley of the Nile, and with it, the emergence of powers who distinguished who was "Egyptian" and who was "foreign".