Centre d'études franco-russe de Moscou
facilityChâtillon, France
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Top-cited papers from Centre d'études franco-russe de Moscou
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Comment l’État central russe, sous la présidence de Vladimir Poutine, reprend-il pied dans des secteurs stratégiques qui lui avaient largement échappé après la chute de l’URSS ? Confronté aux survivances de rapports sociaux issus des années 1990 qui l’avaient marginalisé de facto , le Centre utilise les ressources de la rente pétrolière. Mais l’essentiel se situe dans les modalités par lesquelles il s’impose et qui sont constitutives de ce qu’on a appelé la « verticale du pouvoir ». Cet article s’efforce de comprendre comment se construisent les nouvelles relations d’autorité et modalités d’emprise qui caractérisent ce régime politique en prenant comme terrain d’observation l’enseignement supérieur.
La décomposition de l'URSS est un phénomène mystérieux que les spécialistes n'ont pas fini d'explorer. Que s'est-il passé pendant la perestroïka, cette courte période (1986-1991) où tout a basculé ? L'une des singularités de cet ouvrage est de ne pas se concentrer sur le jeu des élites dans les hautes sphères du pouvoir politique, mais sur celui d'acteurs plus ou moins oppositionnels localisés dans leurs périphéries. Il reconstitue l'événement à travers l'histoire des clubs politiques "informels" de Moscou, organisations indépendantes du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS) apparues en 1986-1987. Cette mobilisation originale naît dans les milieux universitaires pour s'étendre rapidement dans l'espace social. Sans adopter la stratégie classique d'opposition frontale, elle parvient néanmoins à ébranler les fondements du système politique. Les clubs informels sont des acteurs importants, bien que mal connus, de cette mutation. Ils ont contribué à façonner le nouvel espace politique concurrentiel qui émerge en 1987 et se modifie radicalement à partir de 1989, lorsque les premières élections libres déclenchent une compétition effrénée et généralisée.
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Cet article s’intéresse à la trajectoire de la conception d’une réforme en cours en Russie, centrale pour le secteur public et inspirée des principes du « nouveau management public » : celle des établissements publics. Il montre comment ses initiateurs, en s’appuyant sur des héritages du passé, tentent de transformer les rapports de force au sein des secteurs de la sphère publique et de mobiliser à cette fin des alliés, et comment, parce qu’ils anticipent, à tort ou à raison, de multiples résistances, ils en viennent à infléchir eux-mêmes leur projet initial. Certaines de ces anticipations sont fortement liées aux compétitions et luttes pour l’appropriation de compétences et la défense de territoires qui structurent l’espace de l’administration fédérale où se joue le sort de la réforme.
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Une histoire complexe des sociétés des territoires qui constituèrent l’URSS reste à faire, en particulier celles des sociétés des territoires annexés après 1939 qui connurent une soviétisation accélérée après la Seconde Guerre mondiale ; une histoire qui ne se résumerait pas à une hagiographie de la résistance de tel ou tel peuple à une soviétisation qui divise la société en un groupe minoritaire, tenu par le centre et détenteur des commandes, et un groupe majoritaire, contraint, mais mettant...
Fondé en 1932 à l’initiative de Staline et avec l’aval de Maxim Gorki, l’Institut littéraire Gorki (Litinstitut) a pour but de former les futurs écrivains de la jeune Union soviétique. Initialement vu comme un moyen de canaliser et de contrôler les vocations d’écrivains, l’Institut devient très vite une machine complexe visant à patrimonialiser « par avance » la littérature soviétique, alors que celle-ci est, dans les années 1930, tout juste naissante. Cela passe d’abord par l’enseignement de l’écriture littéraire. Très rapidement, l’Institut se dote en plus d’une bibliothèque de dépôt et d’un musée portant sur Maxim Gorki. On y crée, enfin, un laboratoire de recherche dont le but est d’établir une histoire marxiste-léniniste de la littérature de tous les pays et de toutes les époques. Sur le modèle industriel soviétique, l’Institut Gorki en vient donc à prendre en charge l’ensemble des étapes de la production littéraire : les contemporains de sa fondation ont ainsi pu parler à son propos d’un « combinat » littéraire (literaturnyj kombinat).À partir des statuts de création de l’université, des ouvrages de recherche produits en son sein et des quatre tomes de Souvenirs du Litinstitut publiés par les presses de l’établissement, on montre que l’intérêt du Litinstitut pour comprendre ce qui se joue dans les mécanismes de patrimonialisation est son caractère ouvertement tourné vers l’avenir, qui montre que la patrimonialisation, y compris de la littérature, est un processus de création (d’une « identité » collective, d’une « communauté imaginaire » appuyée sur une définition singulière de la littérature) autant qu’un processus de conservation.
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Ilya Ehrenbourg a été un exemple parfait de composition artistique avec un régime politique, devenant ainsi l’écrivain soviétique par excellence. Partagé entre deux mondes, entre deux cultures et deux religions, il se choisit une foi, celle dans le socialisme, et un ennemi, le bourgeois, pour contrecarrer cette ambivalence identitaire. Dans sa première phase, c’est la critique du monde occidental qui lui permet de repousser les doutes de sa nature sceptique. Puis, la construction stalinienne des années 1930 lui offre un nouveau type d’écriture : celle de romans de production réalistes socialistes mettant en scène l’utopie d’un nouveau monde en devenir. Mais cette esthétique se révèle vite une impasse. La Seconde Guerre mondiale permet de revitaliser le conflit inhérent au récit avec l’apparition d’un nouvel ennemi bien déterminé : l’Allemand. Ses textes de cette époque, très diffusés et très lus, sont une violente exhortation à tuer l’ennemi, sans état d’âme. C’est encore le rôle de serviteur du régime que prend Ehrenbourg dans la dernière période de sa vie en illustrant littérairement la très relative libéralisation du Dégel. Ainsi Ehrenbourg aura-t-il choisi d’être lu et d’être utile : resté dans son pays malgré un régime qu’il n’accepte que partiellement mais dont il devient le porte-parole, il fait de l’écriture sa raison de vivre. La littérature-action est une arme pour lutter contre l’ennemi extérieur, mais aussi contre l’ennemi intérieur qui menace un moi fragile.
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Issu d’une thèse de doctorat en études slaves soutenue en 2019 à l’université Paris 8, l’ouvrage de Dimitri Filimonov propose une histoire du journalisme international en URSS entre 1946 et 1958. Ce travail s’inscrit principalement dans deux courants distincts de l’historiographie. Un premier dédié au journalisme a cherché à saisir la presse moins comme une source que comme un objet d’étude à part entière dans une analyse du pouvoir en URSS. En France, les travaux précurseurs de Gabor Ritters...
Les Enfants de Staline. La Guerre des partisans soviétiques (1941–1944). By Masha Cerovic. L'Univers Historique. Paris: Seuil, 2018. Appendix. Notes. Bibliography. Index. Illustrations. Photographs. Figures. Maps. €25.00. - Volume 79 Issue 2
L’article analyse le passage de la violence gratuite ou anarchique a une violence canalisee repondant a un ordre social precis dans les suites de films a grand public de la fin des annees 1990 et du debut des annees 2000. Ceux-ci, en effet, grossissent des traits deja presents dans les premiers films, mais seulement en pointille. Ainsi, Danila, dans Le Frere 2, devient le symbole de la superiorite de la Russie sur une Amerique caricaturee. Le deuxieme film des Sentinelles de nuit, Sentinelles de jour, met en scene une collusion entre le mal et l’Occident absente du premier film, le heros d’Antikiller, un rebelle suspendu de la police dans le premier film, est reintegre dans le deuxieme et se bat contre le terrorisme tchetchene – ou en tout cas clairement caucasien. Le terrorisme est aussi au cœur du film Numero personnel, inspire de la tragedie de Nord Ost et construit comme les films americains vantant les merites d’un sauveur representant l’Etat (en l’occurrence ici un agent du FSB) et protegeant le peuple des bandits, ici les terroristes. On peut donc observer dans ces films un net raidissement ideologique et une evidente recuperation de la violence dans un but de propagande prorusse et propoutinienne, meme si le nom et la figure du president de l’epoque ne sont pas ouvertement evoques ni montres.