Centre de Recherches sur les Arts et le Langage
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Top-cited papers from Centre de Recherches sur les Arts et le Langage
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This paper is intended to draw the main theoretical lines of the notion of value, in order to avoid some flaws in the quantitative surveys on values as well as in some qualitative studies of value judgements. Through a number of redefinitions based on a pragmatic approach, inspired not only by Dewey’s concept of ‘valuation’ but also by the new French pragmatic sociology and by the pragmatist trend in linguistics, it tries to specify the conditions under which sociology can address the notion of ‘value’ while avoiding their reduction to scholarly supports for morals or normative guides for action and evaluation. Meanwhile, it tries to construct a unified concept of value that would work for all the concerned disciplines: not only sociology but also economics, psychology, anthropology, and even philosophy.
Suppose you leaf through the pages of a book on Taoism 1 [1] , written by a renowned expert, and that you do not know nothing about the Tao, or Chinese philosophy, or even the Chinese language, and you read this: "Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng " You do not know who this Zhuangzi is, not even if it is the name of a man; you don't know either what a shi or a cheng is. But on the basis of the author's authority, you believe that the sentence "Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng" is true. You do not understand this sentence, for you do not know what it means, therefore you don't believe that Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng. Nevertheless you believe the sentence to be true. But how can you believe that a sentence is true without believing what it says? That seems paradoxical, because it leads to a version of Moore's paradox. You have: "Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng" is true, but I do not believe that Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng but by the famous Tarskian equivalence you have: "Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng" is true iff Zhuangzi's principle is that you cannot get a shi without having a cheng.
Dans un premier temps, je propose de distinguer différentes postures dans ce qu’on nomme l’« intellectuel » : celle du chercheur, qui comprend et explique le monde social grâce à des méthodes spécifiques ; celle de l’expert, qui utilise sa connaissance d’un domaine pour répondre à des demandes pratiques ; celle du penseur, qui tâche de justifier ou de critiquer une situation au nom de certaines valeurs. Ensuite, je distingue entre différents registres d’énonciation (les jugements de faits et les jugements de valeurs) ; entre les différents niveaux référentiels de l’énonciation, au niveau de l’expérience commune et au niveau épistémique ; enfin, entre les différents sens attribués à la notion de valeur.Ces distinctions permettent de mieux comprendre les résistances auxquelles la question de la neutralité du chercheur se heurte aujourd’hui, et les raisons de l’ambivalence propre à notre milieu face à la question de l’engagement. À travers une application concrète au cas de l’art contemporain, la neutralité du sociologue, loin d’être une fuite hors des préoccupations des acteurs, apparaît ainsi comme une façon d’entrer autrement dans la mêlée.
1. IntroductionChills are a muscular phenomenon best described as the sensation of coldness created by a rhythmic oscillating tremor of skeletal muscles. In humans, chills are sometimes associated with a positive hedonic process. In the present article, we shall refer to such an event as aesthetic chills. Aesthetic chills appear to be a universal emotional experience (see e.g., McCrae, 2007). In laboratory, this phenomenon has mainly been studied in the field of musicology using tonal music as an elicitor (e.g., Harrison & Loui, 2014) but chills may also be elicited by visual arts, literature, scientific research and religious practices (Schoeller, in press). A large body of evidence seems to point in the direction that chills, shivers and goose bumps reveal something fundamental about human beings and their relation to the natural world (for insightful review, see Maruskin, Trash and Elliott, 2012). However, to this day, there exist no systematic account for these psychobiological events and available data are often contradictory — compare Halpern, et al., (1986) to Gabrielsson (2011) or Goldstein (1980) to Panksepp (1995). In the present article, I propose a theory that reconciles these contradictions, review empirical evidence for such a theory and highlight problems to be addressed in future research.
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The knowledge account of assertion (KAA) is the view that assertion is governed by the norm that the speaker should know what s/he asserts. It is not the purpose of this article to examine all these criticisms nor to try to give a full defence of KAA, but only to defend it against the charge of being normatively incorrect It has been objected that assertion is governed by other norms than knowledge, or by no norm at all. It seems to me, however, that a number of these criticisms are based on a number of misunderstandings of the notion of a norm and of the way it can regulated a given practice. Once we spell out in what sense knowledge can play a normative role in this context, the KAA appears much more plausible. 1. Preliminary formulations of the knowledge account The knowledge account of assertion (KAA), although it has probably been present within philosophy at least since the Pyrrhonian sceptics 1, was introduced within
Longtemps, il y eut les mariages : Descartes, Bergson, Merleau-Ponty, longue est la liste des philosophes qui, au nom de la conscience ou de la raison, firent sa part à la psychologie. Puis vint l'enterrement, quand, en ce dernier demi-siècle, la philosophie, française notamment, dénonça en sa rivale un hybride suspect, ni tout à fait une science, ni tout à fait un art. Et, en une formule de Georges Ganguilhem demeurée Célèbre, de conseiller aux psychologues qui sortiraient de la Sorbonne, de prendre à gauche afin d'atteindre le Panthéon plutôt qu'à droite, au risque de descendre jusqu'à la Préfecture de Police. Or la guerre froide entre les deux disciplines ne devrait plus avoir lieu. Les murs tombent sous la poussée particulièrement des questions que formulent à nouveaux frais les sciences cognitives : dès lors qu'on redécouvre l'esprit, qu'on s'accorde sur l'importance du mental - ce niveau ni purement cérébral, ni strictement non physique où, à travers perceptions, images, croyances et jugements, s'élabore la connaissance -, les rapports entre la philosophie et la psychologie se redéfinissent. Pascal Engel, grâce à cet état des lieux, le montre, qui révèle combien des acquis de la psychologie sont nécessaires à l'enquête conceptuelle qu'est la philosophie ; combien, en psychologie, des approches conceptuelles, de nature philosophique, sont requises pour l'interprétation de résultats comme pour la formulation d'hypothèses nouvelles. Il se célèbre ici non pas une nouvelle alliance, mais les vertus d'un dialogue raisonné - qui n'aurait jamais dû s'interrompre.
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RésuméLa fiction est en général considérée comme une notion univoque. Or, le terme renvoie selon les contextes à des faits très différents, voire incompatibles: illusion cognitive, leurre, postulat d’indétermination ontologique, expérience de pensée. La tendance actuelle qui consiste à interpréter les textes ethnographiques ou historiographiques comme relevant du régime fictionnel n’est pas faite pour clarifier la situation. L’hypothèse défendue ici est celle d’une spécificité irréductible de la fiction artistique fondée sur une détermination qui n’est pas d’ordre sémantique mais pragmatique: cristallisation culturelle d’une compétence mentale (la simulation) et interactionnelle (la feintise ludique) particulière, la fiction artistique se distingue à la fois des autres types de fiction (qui relèvent d’une définition sémantique) et des récits véridictionnels (pour lesquels la question de la référentialité est la pierre de touche).
Artículo accesible en la dirección siguiente https://www.revistas-culturales.de/es/buchseite/annick-louis-las-revistas-literarias-como-objeto-de-estudio
La transformation de l’action humanitaire dans les dernières décennies du xx e siècle, après la guerre dite du Biafra, marque la fin du tiers-mondisme et accompagne la reconfiguration géopolitique survenue à la fin de la Guerre froide. Elle transforme également l’utilisation symbolique de certaines pratiques musicales en démocratie, des chansons faisant partie des campagnes de communication des organisations humanitaires à partir de la famine provoquée par la guerre civile éthiopienne entre 1983 et 1985. Cet article propose une analyse des principales caractéristiques des chansons humanitaires, considérées ici comme faisant partie de dispositifs de politique symbolique plus larges, et du rôle de celles-ci dans le processus de moralisation des relations internationales à la fin de la Guerre froide.
En passant de l’album aux réseaux sociaux, l’image privée d’autrefois a accédé à l’exposition publique, multipliant son impact social dans des proportions inédites. En apportant au débat les ressources du document figuré, l’intégration de l’image au sein de la conversation en ligne (ici dénommée « image conversationnelle ») participe à la construction du récit de l’actualité, pèse sur les choix médiatiques et les décisions politiques. Elle constitue une nouvelle étape dans l’histoire longue de l’accès à la sphère publique. La contribution propose de caractériser cette évolution, sur la base de l’histoire récente, en examinant les nouvelles conditions de socialisation des images, qui exposent également leurs producteurs à de nouveaux risques. Sur l’internet, le niveau de rediffusion et le nombre des marques attentionnelles procurent une mesure intuitive de la valeur des contenus partagés. L’instantanéité des signes de la visibilité et leur amplification par le filtre algorithmique intensifient le processus d’élection collective dénommé « viralité », qui conditionne leur visibilité publique. L’intervention de nouveaux producteurs au sein de la sphère publique se manifeste par des conflits de légitimité. La panique morale qui accueille le selfie en 2013-2014 indique à la fois le passage d’un seuil de visibilité, et la perception d’un écart entre son exposition et sa valeur présumée. Le document vidéo réunit plusieurs propriétés qui en font un atout privilégié du débat public : celle d’être perçu comme une convocation du réel, une présomption de témoignage, mais aussi une démonstration autosuffisante. Il n’apporte pas seulement une information, mais constitue en lui-même un embrayeur d’interactions et un générateur de visibilité. La présence croissante du matériau iconographique dans les espaces partagés s’accompagne du développement de formes réflexives. Dans un contexte d’échange argumentatif qui prend la forme de la controverse, une véritable critique participative établit la signification des sources. L’exemple de la crise des Gilets jaunes (2018-2019) montre que ce sont les documents audiovisuels, sélectionnés par l’attention collective, et accrédités par leur lecture contradictoire, qui ont remodelé la perception du conflit social.
L’article propose un condensé en dix points de l’ouvrage Des valeurs. Une approche sociologique (Gallimard, 2017), dont ont été extraits les passages les plus susceptibles d’entraîner des discussions voire des controverses. Y sont notamment ciblées les réductions de la notion de valeur opérées par l’économie classique et néo-classique, par la sociologie quantitative des valeurs, et par la plupart des approches philosophiques de cette notion.
How do people do or make things that come to be seen as works of art? In other words, when is there artification? The answer to this question is simultaneously symbolic, material, and contextual. It has to do with meanings, objects, interaction, and institutions. We seek to define not what art is nor how it should be considered, but how and under what circumstances it comes about by way of methodical observation and inquiry in a variety of fields. Circus acrobats, break-dancers, fashion designers, chefs, graffiti artists, printers, photographers, and jazz musicians are some of the examples we explore. This pragmatic and empirical perspective enables us to present a typology of forms of artification and examine its sources as well as the questions of de-artification and obstacles to artification.
D’abord contestée par le pouvoir et invisibilisée par les grands médias, la thématique des violences policières émerge en décembre 2018, dans le cadre du conflit des Gilets jaunes, sur les réseaux sociaux, via la diffusion et la discussion d’un petit groupe de vidéos virales. S’agit-il d’une simple manifestation des mécanismes de preuve par l’image, associée à la médiation participative ? Cette contribution propose l’analyse des caractères narratifs et des processus médiatiques qui ont œuvré, dans des circonstances spécifiques, à la sélection et à l’établissement de ces vidéos comme un corpus de référence. Empruntant à la grille de lecture du copwatching , la conversation en ligne construit à partir de la dénonciation de faits visibles un espace de controverse, véritable alternative à la médiatisation institutionnelle. La reprise tardive par les journaux d’information de la thématique des violences policières atteste que la crise des Gilets jaunes a fait des réseaux sociaux l’espace moteur de l’élaboration du débat public.
This article attempts to clarify some misunderstandings between English-speaking and French-speaking scholars in the field of the sociology of arts and culture. In addition to a number of ambiguities in the definition of what ‘culture’, ‘ar ts’ and ‘sociology’ mean within the French and the Anglo-American academic traditions, the very words ‘culture’, ‘cultural sociology’ and ‘cultural studies’ exhibit important differences between each other as they are understood within each linguistic context. Seen from a French point of view, so-called ‘French theory’ appears as a typically Anglo-American category, along with ‘post-modernism’, while French debates among sociologists of art seem to have few echoes abroad. The linguistic dissymmetry between French and Anglo-American academic cultures should be taken into account in order better to understand the nature of these misunderstandings.
Abstract This text attempts a new genre: the aperçue – from the French verb apercevoir , seeing in passing by, voir en passant . From Baudelaire’s Passante , the aperçues inherit the rhythm of appearing and disappearing and the emotion of seeing, which only unfolds in the temporality of memory and imagination. They are related to figures of afterlife and actualization such as Warburg’s Ninfa and Freud’s Gradiva , capturing ephemeral moments in which the long and discontinuous temporality of memory – and thus also a dimension of lament for the dead – is at work. Lastly, the aperçues are a literary genre, since images – especially those we never saw before remembering them – are made visible particularly through words, as we see reading James Joyce, Henri Michaux, and Yoko Tawada.