Centre Tourangeau d’Histoire et d’Études des Sources
facilityTours, Centre-Val de Loire, France
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Top-cited papers from Centre Tourangeau d’Histoire et d’Études des Sources
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Catégorie récemment très discutée mais impossible à définir de façon consensuelle, l’éducation populaire est ici approchée sous trois angles disciplinaires. L’histoire sociale et culturelle de l’éducation populaire a réussi à se détacher de la mythologie militante, au risque de se replier vers les seules questions de jeunesse. La sociologie critique du travail associatif s’avère particulièrement éclairante pour un secteur de la vie associative nettement politisé, et où les tensions associées au statut de militant-salarié sont particulièrement discutées. L’approche par la science politique des références publiques récentes à l’éducation populaire en France dessine une nouvelle définition, encore vague, de l’éducation populaire comme éducation politique des adultes. On analyse pour finir les imports étrangers dans ces discours. Ces chantiers de recherche convergent vers la nécessité d’une étude empirique des pratiques.
Les Maisons des jeunes et de la culture (MJC) font partie de ces institutions méconnues bien que souvent évoquées. Parfois confondues avec les Maisons de la culture d’André Malraux, parfois assimilées à de simples maisons de jeunes, elles sont victimes de l’ampleur de leur objectif : lier jeunesse et culture dans une perspective d’éducation populaire. Ce livre retrace leur histoire à leur apogée, entre 1959, lorsque la médiatisation du phénomène blousons noirs favorise une mobilisation en leur faveur, et 1981, quand l’apparition du « mal des banlieues » signalait un changement d’époque : l’insertion sociale des jeunes devenait une priorité tandis que le lien entre jeunesse, loisirs et action culturelle achevait de se dissoudre dans la crise du socio-culturel. Entre ces deux dates, le millier de MJC que comptait alors le territoire a connu une histoire aussi riche que mouvementée. La diversité des activités abritées dans leurs murs n’a d’ailleurs pu que contribuer à rendre les MJC difficilement saisissables : tour à tour foyers de jeunes et maisons pour tous, proposant expérimentations théâtrales et ateliers de bricolage, espaces de débats et sociabilité, elles furent aussi des pépinières pour la formation de militants culturels et politiques locaux. Lieux singuliers qui ont pu être présentés, parfois simultanément, comme des repaires de gauchistes, des centres de propagande communiste et des terreaux de la deuxième gauche, les MJC permettent de saisir la complexité de la vie associative, dans sa richesse mais aussi sa difficulté.
Gaia and Human Endeavour in Hesiodic Theogony. In Hesiodic Theogony, the gap between gods and men after Prometheus’ punishment makes human endeavour depend on gods, but the poetic structure in divine genealogies, the treatment of time and the superposition of the different aspects of gaia which is both divine figure and cosmic element, earth, one of the world areas as well as material, must be considered too. The way Hecate is depicted connecting divine and human and the Typhoeus episod where thunderbolt and metallurgic fire are paralleled poetically make human beings nearer to gods despite divine will ever ruling.
À compter de 1916, les « paradis artificiels » chers à Baudelaire relèvent en France d’une loi pénale adoptée sous la pression du mouvement prohibitionniste international et d’une opinion publique devenue réticente. Désormais, les produits définis comme « stupéfiants » (opium et ses dérivés tels la morphine et l’héroïne, cocaïne et haschich) sont étroitement contrôlés, réservés aux usages strictement thérapeutiques, tandis que leur commerce illicite est sévèrement réprimé. C’est donc dans la période de l’entre-deux-guerres que s’élaborent les enjeux contemporains de « la question des drogues » : « clandestinisation » des pratiques, mise en place d’un marché parallèle, répression des fraudeurs, marginalisation de certaines catégories d’usagers. Fondé sur le dépouillement minutieux des archives judiciaires, que complète une ample documentation médicale, journalistique et littéraire, ce travail adapté d’une thèse de doctorat analyse les modalités et les conséquences de cette mutation majeure. Étudiant successivement le mouvement de l’opinion publique, la sociologie et les pratiques des usagers, leur sort judiciaire et thérapeutique, il interroge les effets et l’efficacité du modèle répressif dans la genèse de son élaboration. À travers le devenir du consommateur de stupéfiants, ce sont aussi toute une série d’évolutions anthropologiques et culturelles qui se trouvent abordées : celles du rapport dialectique entre progrès de l’hygiénisme et redéfinition des frontières somatiques, progrès parallèle du contrôle social et de la liberté individuelle. La question des drogues jette ainsi un éclairage original et novateur sur une période qui fut, à bien des titres, un laboratoire de la modernité.
Longtemps restées en marge des recherches sur les agglomérations « secondaires », les cités antiques du Massif central ont récemment bénéficié d’une analyse nouvelle, conduite dans le cadre d’une thèse de doctorat. Ainsi, à partir d’une lecture critique du corpus des agglomérations obtenues à partir du dépouillement de la bibliographie, les recherches menées récemment ont montré toute la diversité de l’habitat groupé de moyenne montagne. À la lumière de ces travaux, il est possible de proposer une classification des agglomérations et d’analyser leur géographie au sein des territoires étudiés. Il en ressort une importante diffusion du phénomène urbain, dont la distribution semble moins influencée par le relief que par les voies de communication qui sont cependant elles-mêmes très contraintes par la topographie. L’évolution chronologique de l’armature urbaine montre une chute des effectifs amorcée dès la fin du iie s. mais en aucun cas une disparition totale des sites. Cependant, cette observation est fortement influencée par une documentation lacunaire qui reste très largement muette pour les ive et ve s. ne permettant pas de caractériser précisément les occupations. Enfin, les analyses thématiques montrent des agglomérations contrastées entre des sites fortement urbanisés et des habitats groupés réduits à des formes beaucoup plus simples.
L’empereur et le monde : entre portrait idéal et réalités « En effet, il revient aux empereurs de soutenir au Sénat les décisions utiles, de haranguer le peuple à propos de diverses affaires, de redresser une loi injuste, d’envoyer des lettres à travers le monde, de s’adresser aux rois des nations extérieures à l’Empire, de réprimer par des édits les fautes des alliés, de louer leurs bonnes actions, d’arrêter les sédicieux, d’épouvanter les fougueux. Toutes ces choses doivent assurément être ...
Par le prisme des propriétés urbaines, l’ouvrage offre un nouveau point de vue sur le patriciat milanais, souvent présenté de manière monolithique comme l’élite sociale du duché. La consistance des patrimoines et les choix résidentiels démontrent en effet l’hétérogénéité du groupe social et reflètent le niveau de richesse des familles, leur implication institutionnelle et leurs origines sociales. La recherche associe la réalisation d’un système d’information géographique fondé sur le cadastre thérésien à la documentation issue des fonds familiaux qui informe sur la constitution des patrimoines urbains et leur place dans l’économie familiale (nature et valeur des investissements réalisés, pratiques de gestion et de transmission des biens). La double nature de l’immobilier (résidence et biens locatifs) le fait obéir à des logiques variées qui ne sont pas seulement représentatives et économiques mais qui relèvent aussi d’enjeux sociaux et politiques. C’est finalement le rôle du patriciat dans la fabrique de la ville qui est envisagé et qui connaît des évolutions dans la seconde moitié du XVIIIe siècle lorsque les souverains habsbourgeois cherchent à mieux contrôler l’urbanisme et que les nouvelles logiques résidentielles aboutissent à l’émergence des « beaux quartiers » et à l’éclatement des familles.
Les investigations récentes sur les vestiges romains du col du Petit-Saint-Bernard (Savoie) ont montré que l’un des édifices (bâtiment ouest) pouvait être interprété comme une casa retica d’époque romaine, habitat semi-enterré, traditionnel en milieu alpin. C’est sur cet édifice que porte l’essentiel de l’étude, qui évoque les fouilles anciennes, les restaurations, les techniques de construction et leur adaptation à l’environnement, ainsi que la chronologie du site. Elle montre également que l’ensemble des édifices du col ont une fonction liée au cursus publicus, service de transport officiel de l’État romain impérial.
International audience
L’histoire de l’école gagne à intégrer la périphérie associative de l’école, particulièrement celle du primaire, qui éclaire certains aspects de son histoire et qui interroge également les frontières de l’institution scolaire. De même, l’éducation populaire au XXe siècle doit intégrer la part scolaire de son histoire. L’article dresse un tableau de la variété du périscolaire – dénomination qui pose problème – selon les époques et les différents ordres d’enseignement. Il présente le contexte historiographique qui a longtemps mis l’accent sur les mouvements d’éducation populaire non liés à l’école, et suggère des pistes de recherches, dont certaines sont mises en œuvre dans le dossier. Le monde associatif périscolaire constitue un univers intermédiaire jamais pleinement institutionnalisé, qui a été un espace d’engagement diversement utilisé selon les époques. Cette périphérie a également été utilisée à différentes périodes pour inciter à une rénovation des pratiques scolaires. On a moins insisté sur l’influence que l’école a pu avoir sur les pratiques d’éducation populaire.
Au Ve siècle apr. J.-C., les Huns, puis les peuples proto-turcs (Bulgares et Sabirs), ont posé aux armées romaines des problèmes militaires sans commune mesure avec les difficultés qu’avaient pu susciter les peuples des steppes précédemment rencontrés par l’Empire. Leur armement, mais surtout leurs capacités opérationnelles et organisationnelles rendent compte de cette situation. Or, la spécificité en ces domaines des Huns et des peuples proto-turcs n’a pas été toujours correctement appréciée...
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, s’affirme en France une presse d’information économique et technique qui consacre une place croissante à l’intermédiation du travail. Ce faisant, la presse rend systématique la forme brève qu’incarne la petite annonce d’emploi qui, outre le commerce et les « bureaux », concerne principalement le service domestique. L’analyse du titre parisien, Affiches, annonces et avis divers ou Journal général de France (1751-1811), pour la dernière décennie de l’Ancien Régime, permet d’appréhender un dispositif médiatique original qui, en déployant des techniques gouvernementales modernes du contrôle des individus, circonscrit un segment spécifique des marchés de l’emploi selon les hiérarchies sociale et culturelle de l’Ancien Régime.
Avant les Indica de Ctésias qui décrivent les peuples monstrueux des confins, réunis en Inde, on trouve des peintures des hommes des bouts du monde où le modèle du corps est indissociable de la représentation de l’humain. Dans l’Odyssée, où l’œil unique de Polyphème n’est évoqué par aucune description, le gigantisme des Cyclopes et des Lestrygons illustre à travers la référence au mythe la férocité et la puissance d’une humanité éloignée des hommes ; le trait disparaît quand l’accent se déplace. Hérodote semble bien obéir à un principe constant quand il refuse les récits qui défont le modèle humain. L’anomalie reste attachée à une humanité proche du divin, non humaine, marge qui permet toutes les superpositions.
Le promontoire de Bouguenais est connu depuis le xixe siècle par des érudits qui signalent la présence de vestiges antiques et d’une « motte » installée en bout d’éperon. Celui-ci est fermé sur six hectares par un talus en terre récemment attribué au premier âge du Fer. Bien que le site ait fait l’objet de nombreuses descriptions et même de fouilles anciennes (au xixe siècle) ne permettant pas de dater la « motte », aucun plan précis du promontoire et de ses vestiges n’avait été jusqu’alors dressé. En mars 2013, une campagne de prospection thématique accompagnée d’un relevé micro-topographique ont été conduits sur l’ensemble du promontoire afin de mieux caractériser le tertre et l’ensemble du site. Un mobilier céramique relativement abondant est alors recueilli, mettant en évidence une occupation dense et diachronique de l’éminence rocheuse et renseignant sur des périodes qui étaient jusqu’ici peu ou pas documentées (âge du Bronze moyen, premier et second âge du Fer, Moyen Âge). Un plan détaillé et précis de l’ensemble des structures est aujourd’hui disponible. En parallèle, ce programme invite au réexamen complet des données anciennes, éclairant notamment sur les difficultés d’attribution chronologique du tertre.
Le fidéicommis, principalement étudié par les historiens du droit et à partir de sources testamentaires, a été généralement assimilé à un instrument d’immobilisation des patrimoines. Toutefois, l’existence de dérogations permettant la vente de biens théoriquement inaliénables conduit à s’interroger sur l’efficacité réelle de cet instrument et ses conséquences sur l’économie. La documentation conservée dans les fonds du Sénat milanais permet d’appréhender l’importance de ces dérogations et les raisons qui les motivent : une meilleure gestion du patrimoine, le règlement de dotes ou l’éducation des enfants, le paiement des impôts ou le remboursement de dettes constituent ainsi des motifs juridiquement valables pour obtenir l’autorisation de vendre des biens soumis à un fidéicommis, sans qu’il y ait forcément substitution de ceux-ci. Le système apparaît donc moins rigide qu’il ne le semble et les périodes de crise économique suscitent un accroissement manifeste des requêtes pour dérogation. La procédure juridique – sauf cas exceptionnels – n’allonge que de façon limitée les délais de transaction et ne constitue généralement pas un blocage aux échanges immobiliers. La fonction des fidéicommis et leur durée d’existence apparaissent ainsi très variables en fonction des milieux sociaux qui les établissent.
Approches anthropologiques : la manière grecque ou étrusque de Rodin Les assemblages À partir de 1895, Rodin se met à composer ce qu’on nomme les « assemblages » (fig. 1) : une figure féminine, plus rarement masculine, placée à l’intérieur d’un vase ancien, tel qu’on en trouve dans sa collection d’objets archéologiques, coupes ou skyphoi grecs, coupes en bucchero étrusque, par exemple. C’est un type de composition qui se développera dans l’art contemporain, consistant à inclure les objets de...
Des jeunesses sous uniforme : trajectoires, ressources et origines
L’antique civilisation étrusque, depuis sa redécouverte à l’époque de la Renaissance, a engendré une riche littérature autour du fameux « mystère étrusque ». La fascination exercée par les images peintes dans les tombes, les figures terrifiantes des dieux et démons de l’au-delà, le mythe de la malédiction s’abattant sur les profanateurs de tombes, a donné lieu à un réemploi de la démonologie étrusque dans un domaine bien précis de la culture populaire contemporaine : le film d’horreur et le giallo italien.
La Regula Pastoralis ou Pastoral du pape Grégoire le Grand (590-604) est un guide de vie et de prédication destiné aux évêques. Dès le haut Moyen Age ce traité a connu une grande diffusion. Comment a-t-il été reçu et utilisé dans l'Église de Cambrai jusqu'au XIe siècle ? Plusieurs documents permettent de suivre le destin du Pastoral dans ce vaste diocèse depuis le VIIIe siècle au moins jusqu'au XIe siècle. L'époque carolingienne prépare des éléments qui se retrouvent ensuite au début du XIe siècle chez l'évêque Gérard Ier. Ce dernier est bien connu en particulier par les Gesta episcoporum cameracensium. Or on peut rassembler un dossier de textes liés à Gérard et manifestant une utilisation précise du Pastoral. Ceci concerne aussi au moins un manuscrit provenant de Marchiennes qui pourrait avoir été utilisé par Gérard lui-même et sur lequel des textes brefs ont été ajoutés au traité de Grégoire dans un contexte qui paraît être directement celui des grandes causes (la paix, l'hérésie) qui agitèrent l'épiscopat de Gérard Ier.