Institut de Recherches Historiques du Septentrion
facilityVilleneuve-d'Ascq, Hauts-de-France, France
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Top-cited papers from Institut de Recherches Historiques du Septentrion
Les dates de deux réformes monastiques, 816 et 934, encadrent le propos de ce livre. Entre ces deux dates, l’empire carolingien a changé de visage, la région étudiée est passée du statut de cœur d’un empire à celui de région disputée entre les deux principales entité politiques, la Francie de l’Est et la Francie de l’Ouest, avec pour arbitres les grandes familles aristocratiques qui étendent leurs emprises sur les sièges épiscopaux et les communautés religieuses. Dans leur processus et leurs motivations, les deux réformes de 816 et de 934 se ressemblent peu. La première, initiée par l’empereur Louis le Pieux et son conseiller Benoît d’Aniane, doit s’appliquer à tous les monastères de l’Empire carolingien. Elle est guidée par un souci d’uniformisation et d’efficacité de la prière des moines. La seconde, appuyée par l’évêque de Metz Adalbéron Ier, grand aristocrate lotharingien, est menée à l’initiative de clercs et de moines pieux des diocèses de Metz, Toul et Verdun, regroupés dans l’ancien monastère de Gorze sous la direction d’Einold et de Jean de Vandières. Cependant, à l’origine des deux réformes s’exprime la même volonté de restaurer la vie monastique par l’observance de la règle de Saint Benoit de Nursie et la remise en ordre du temporel monastique. Le présent ouvrage est né d’une interrogation sur la notion de réforme, en particulier dans le milieu monastique, et sur son corollaire, la notion de décadence, amplement invoquée par les réformateurs. Par-delà l’histoire de la réforme monastique en Lorraine carolingienne, l’ouvrage met en évidence la façon dont les communautés religieuses ont construit leur patrimoine et leur histoire, les relations étroites de ces communautés avec le pouvoir, royal, aristocratique ou épiscopal, ainsi que la façon dont ces communautés ont exercé leur fonction essentielle, celle de la prière et de la mémoire.
The collection of essays introduced in this article contributes to the debate on the commercialization of academic science by shifting the focus from institutional developments meant to foster university technology transfer to the actions of individual scientists. Instead of searching for the origins of the ‘entrepreneurial university,’ this special issue examines the personal involvement of academic physicists, engineers, photographic scientists, and molecular biologists in three types of commercial activity: consulting, patenting, and full-blown business entrepreneurship. The authors investigate how this diverse group of teachers and researchers perceived their institutional and professional environments, their career prospects, the commercial value of their knowledge and reputation, and their ability to exploit these assets. By documenting academic scientists’ response to market opportunities, the articles suggest that, already in the decades around 1900, commercial work was widespread and, in some cases, integral to academics’ teaching and research activity.
April 15th, 2019: Notre-Dame Cathedral in Paris was burning, the spire collapsed on the nave, vaults crumbled and most of the timber roof was gone. In the post-disaster context, the authenticity and the monitoring of the archaeological remains are crucial for their potential reuse during reconstruction. This paper analyzes the collapsed transverse arch from the nave of Notre-Dame as a case study of reconstruction, using the digital twin framework. We propose four facets for the digital twin experiment-physical anastylosis, reverse engineering, spatio-temporal tracking of assets, and operational research-that are described in detail, while being assembled to support a hybrid reconstruction hypothesis. The digital twin can realize the parallel unfolding of physical-native and digital-native processes, while acquiring and storing heterogeneous information as semantically structured data. The results demonstrate that the proposed modeling method facilitates the formalization and validation of the reconstruction problem and increases solutions performances. As result, we present a digital twin framework application ranging from acquisition to data processing that informs a successful hybrid reconstruction hypothesis.
Résumé
Chacun parmi nous connaît les liens qui existent entre Echternach, Willibrord et la mission de Frise. Mais tout le monde ne sait peut-être pas que l’hagiographie oppose un compétiteur à Willibrord dans son entreprise frisonne : Vulfran, moine de Fontenelle et évêque métropolitain de Sens. En effet, suivant la Vita Vulframni rédigée à Fontenelle/Saint-Wandrille vers la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle et suivant les quelques textes qui dépendent d’elle (singulièrement le supplément ajout...
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Merlin de Douai. Ce nom évoque d’abord la fameuse loi des suspects (sept. 1793), l’un des textes organisant la Terreur ; il rappelle le parcours ambigu d’un patriote des Etats généraux devenu conventionnel régicide, thermidorien, ministre du Directoire, président du Directoire exécutif puis comte d’Empire ; il suggère enfin l’image du « prince des jurisconsultes », auteur admiré du Répertoire de jurisprudence et procureur général impérial à la Cour de cassation. De l’Ancien Régime à la Monarchie de Juillet, à la frontière du droit et de la politique, Merlin mena en effet une riche et étonnante carrière qui lui fit longtemps jouer un important rôle public. C’est l’itinéraire de ce juriste du temps des Révolutions, ses projets et son action politique ainsi que sa pensée juridique et sociale qu’Hervé Leuwers a tenté de reconstituer ici. L’auteur s’est également interrogé sur le parcours de toute une génération politique, dominée par des juristes comme Merlin, Cambacérès, Treilhard, Lanjuinais et Boissy d’Anglas, dont l’engagement révolutionnaire s’éteignit dans l’adhésion à l’Empire. Par l’étude d’un homme dont les discours et l’action ont contribué à l’émergence du citoyen, à l’unification proclamée de la nation, à la réforme du droit et de la justice, à la laïcisation de l’Etat et de la société ou encore à la redéfinition des rapports entre les peuples, l’auteur a voulu approcher la lente et difficile élaboration d’une pensée et d’une pratique politiques d’avenir, dominées par les principes d’ordre et de liberté, ainsi que contribuer à l’étude de la montée d’une nouvelle catégorie d’hommes publics, les juristes, et plus particulièrement les avocats.
R. Gameson
G. Arnaldi, G. Gracco et A. Tenenti
Place: Venise
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Abstract The influence of the patent system on the economic performance of Western countries during the Industrial Revolution is an important but difficult question to address. With the United Kingdom and the United States, France was one of the first countries to adopt a modern patent legislation in 1791. The aim of this paper is to understand the paradox of such a system, which was based on a democratic and natural-right conception of invention but turned out to be restrictive. It analyses the legal framework and its evolution from 1791 to the late 1850s and reveals its contradictory aspects: a natural right inspiration vs a restrictive access due to the cost of the patent. It shows how the 1844 Patent Act reform did not end the criticism of the French patent system. Then, in a second part, it considers the diffusion of patents in time, in different regions and industries and stresses the heterogeneity of the patent system.
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Après un succès continu jusqu’au XVIe siècle puis un oubli et un dénigrement dans le sillage d’autres textes allégoriques et religieux, l’œuvre de l’écrivain normand Guillaume de Digulleville (1295-après 1358) suscite depuis quelques années de nombreux travaux dont témoigne l’abondante bibliographie dressée ici. Le colloque d’octobre 2006 à Cerisy-la Salle a été avant tout l’occasion d’un échange entre des perspectives disciplinaires variées, pour décloisonner des recherches trop souvent isolées, dresser un état des lieux des travaux menés à ce jour et ébaucher des chantiers qui restent à explorer. Ces actes centrés sur les trois Pèlerinages de Guillaume de Digulleville proposent donc des études sur sa représentation de l’au-delà et du salut, son esthétique allégorique, sa langue, sa versification ou bien encore sur l’histoire et l’iconographie des manuscrits et imprimés de la trilogie. Figurant au nombre des textes français les plus lus de la fin du Moyen Âge, les Pèlerinages se distinguent par le nombre de leurs manuscrits et éditions anciennes, par leur audience européenne, à travers des traductions et adaptations en allemand, néerlandais, anglais, espagnol et même latin… Des mises en prose ou des réécritures partielles ont également contribué à leur succès, tout comme l’abondante iconographie qui leur est attachée. À côté des littéraires et des linguistes, les historiens du livre, les historiens de l’art, des idées ou des mentalités trouvent ici un riche domaine d’investigation.
Quand, comment et pourquoi les entreprises privées ont-elles accepté de se plier à des normes pour tenir leurs comptes ? La question mérite d’autant plus d’être posée que ces normes sont définies hors des cercles patronaux, par un État dont ils ne cessent de dénoncer l’emprise, par le fisc dont ils se défient et par une profession comptable qu’ils méprisent longtemps. Quels arguments ont donc convaincu les dirigeants politiques français et les organisations patronales de la nécessité de sacrifier une partie de l’autonomie de l’entreprise privée ? Dans quelle mesure cette normalisation a-t-elle facilité la gestion des affaires et favorisé la connaissance des activités économiques ? L’auteure explique cette conversion en précisant ses étapes entre la Première Guerre mondiale et le début de la Ve République. Détaillant le processus d’introduction progressive des représentations chiffrées chez un certain nombre d’acteurs (une nébuleuse calculatrice qui devient réseau) déterminés à comprendre et à encadrer la réalité économique, elle décrit le passage de la « France des mots » à la « France des chiffres ». Le processus examiné traverse les clivages et bouscule la chronologie économique et politique de la France contemporaine. Il s’appuie sur une succession de compromis politiques entre trois entités souvent antagonistes : l’État et ses représentants engagés dans la mise en place d’une fiscalité moderne, les organisations patronales cherchant à limiter les prélèvements fiscaux, la profession comptable désireuse de s’affirmer. Sa lenteur, ses implications et ses limites constituent de véritables marqueurs de la modernisation économique. Définis par Vichy, le premier plan comptable général et l’ordre des experts comptables et des comptables agréés survivent à la Libération. La « normalisation à la française » est enclenchée mais il faut d’abord attendre la fin de la IVe République pour que les autorités politiques décident de l’imposer, puis le début de la Ve République pour que l’obligation soit effective. Le décret de 1965 prescrit de se conformer au plan comptable général pour déclarer ses bénéfices. Malgré les résistances patronales qui retardent la généralisation des plans professionnels jusqu’au milieu des années 1970, le processus est devenu irréversible.
Dans le Littré, le mot « étudiant » est ainsi défini : « Celui qui étudie [...] / Particulièrement celui qui étudie dans une université, et, en France, dans une faculté [...] / Au féminin, étudiante, dans une espèce d'argot, grisette du Quartier Latin ». À la fin du XIXe siècle, l'étudiante, telle que nous la concevons aujourd'hui, c'est-à-dire celle qui étudie, n'existe pas. L'étudiante est celle qui accompagne, voire qui « couche » avec l'étudiant, et non celle qui étudie à ses côtés...
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