Sorbonne - Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe
facilityParis, Île-de-France, France
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Top-cited papers from Sorbonne - Identités, Relations Internationales et Civilisations de l’Europe
Des craintes d’une Europe trop libérale exprimées par Pierre Mendès France, au soutien du général de Gaulle à une Europe modernisatrice mais non fédérale, le modèle économique et institutionnel de la CEE est âprement débattu depuis les débuts de sa négociation en 1955 jusqu’au départ du président français en 1969. S’appuyant sur une approche novatrice – le croisement des sources françaises et européennes – cette étude montre un visage méconnu du général de Gaulle, celui d’un « père involontaire » de l’Europe. Sans son action, la CEE n’aurait pas pu se développer aussi rapidement. De plus, l’étude de politiques publiques négligées comme la « programmation », une forme de planification européenne développée par le commissaire Robert Marjolin, les premières réflexions sur l’union monétaire, ou la naissance de la politique de la concurrence promue par les ordolibéraux allemands, montre que l’intégration économique européenne fait l’objet de vifs débats depuis l’origine. Les controverses actuelles sur l’Union économique et monétaire ou l’opposition entre politique de la concurrence et politique industrielle en sont ainsi éclairées. « On comprend ainsi que Laurent Warlouzet ne s’est pas contenté d’exploiter des points de vue français. Il a aussi tenu compte de conceptions exprimées par nos partenaires. C’est pourquoi ce livre si important mériterait de faire école... » Michel Albert, membre de l’Institut.
L'idée d'une paix durable fondée sur le droit a représenté le grand espoir d’un XXe siècle traumatisé par deux guerres mondiales. Première incarnation de cet idéal, la Société des Nations (1919-1946) a suscité en sa faveur un mouvement de soutien qui s’est employé à relayer l’« esprit de Genève » auprès de l’opinion française. À l’opposé d’un « pacifisme sentimental » ou naïf qui leur est souvent associé, ce livre entend montrer que les militants pour la SDN ont défendu une conception nouvelle des relations internationales, visant à limiter, sinon à abolir, la violence entre les États souverains par le recours à des règles juridiques. L’histoire de ce militantisme français reste essentielle pour comprendre un combat politique dont les succès et les échecs alimentent encore les réflexions contemporaines en matière d’organisation de la communauté internationale – multilatéralisme, coopération internationale, sécurité collective, désarmement, justice internationale, universalisme/régionalisme, etc. –, de l’ONU à l’Union européenne.
Les historiens de l’intégration européenne utilisent abondamment la notion de « crise », associée à celle de « relance » pour décrire les différentes étapes de l’évolution des Communautés européennes. Cet usage traduit souvent un centrage implicite sur l’Europe des Six, répondant en outre à une certaine tentation téléologique. Cette dérive, qui a largement été dénoncée par les contempteurs de l’histoire de l’intégration européenne, s’accompagne d’une situation de crise du domaine d’étude en tant que tel. Cependant, l’histoire de l’intégration européenne a aujourd’hui largement renouvelé ses méthodes et ses angles d’approche, permettant d’espérer une « relance » autour de la notion d’« histoire des coopérations européennes ».
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Abstract Even if the high-tech and ‘revolutionary’ electric telegraph has become a favourite topic for communication historians dealing with global history, it cannot alone epitomize the first modern age of globalization. The postal network, and parcel post in particular, was also a key agent of globalization. In 1880, several Universal Postal Union member states signed a convention for the exchange of parcel post, opening a new channel in the world of commerce. By the end of the nineteenth century, millions of packets poured into post offices and railway stations, crossed countries, and created all sorts of transnational connections, from family to business to humanitarian relations. Behind the ordinary, seemingly low-tech small boxes lay a sophisticated service that emerged from transnational dynamics, challenged both national and international commercial circuits, and produced more complex control of economic borders.
How have the Inter-American human rights bodies dealt with the notion of war, which has been transformed over time into the notion of (internal and international) “armed conflicts”? This question has guided the first part of this study, which sets out the various types of conflicts that have occurred in the American continent. These situations (armed conflicts, internal strife, State terrorism) have produced a wide range of legal qualifications, used by both the Inter-American Commission and Court of human rights in their case-law. This conceptual delimitation carried out by these two bodies is all the more important as it affects the law that applies to armed conflicts. Indeed, by analyzing this question, the everlasting debate on the relationship between International Law on Human Rights and International Humanitarian Law reappears. The second part of this study therefore focuses on the issue of discovering whether and in which way jus in bello has found its place in the Inter-American Human Rights bodies’ case-law. As the active political life of Latin American societies has shown, the study of the different applicable legal regimes also requires looking into the “state of emergency” Law, an issue which has been shaped by the Inter-American Court and Commission’s work.
Abstract The failure of the Free Trade Area (FTA), a British ‘Greater Europe’ free-market project, has often been contrasted with the European Economic Community (EEC)'s rapid success. However, this article claims that the EEC's success was neither logical nor automatic. The FTA project was not bound to failure, but could easily have become the principal institution for European co-operation. Moreover, the French leader, Charles de Gaulle, played such a prominent role in the EEC that he could be described as a new ‘Father of Europe’. Without the EEC, France would certainly have been forced to reach agreement on the FTA, but conversely, without de Gaulle, the EEC would probably have been diluted into a larger FTA.
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This Insight argues that the rise and spread of the notions of "European sovereignty" and "European Union sovereignty" must be taken seriously. Since 2017, they have become central categories in the main political discourses on the EU. The paper first addresses the question whether European (or EU) sovereignty is an adequate concept to give account of the nature, or the future, of European integration. It answers negatively. Then the Insight describes the claim for "European sovereignty" as a discursive form. As such, it performs different functions that must be analysed: the notion of European sovereignty permits to mobilise the EU actors who aim to 'rebuild' Europe and it serves to accommodate conflicting visions of what the EU is and should be. To focus on language permits to understand why "European sovereignty" gains momentum in the discourses and the literature on EU integration.
Partout dans le monde, le repas est un moment de sociabilité et de convivialité qui prend assise dans un cadre visuel bien défini. On aurait tort de croire que les cultures nordiques ignorent le superlatif du repas: le smörgasbord suédois est plus qu’une manière de mettre en scène l’alimentation. Il puise loin dans le temps cette manière d’intégrer les banquets aux temps forts par les mythes: celui de la lumière, célébré le 13 décembre et à Noël. Le chatoiement des couleurs [des plats] sollicite à l’excès les sens et donne à voir, sur la table, la palette de la nature. Étude de la gastronomie, de la nourriture et des repas en Scandinavie.
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Ce livre a pour ambition de réexaminer la relation entre savoirs géographiques et empires à la lumière des travaux les plus récents, posant ainsi les jalons d’une histoire spatiale des empires. Croisant différentes approches, les auteurs de ce volume analysent la question fondamentale de l’appropriation coloniale de l’espace par la construction des savoirs géographiques et des pratiques spatiales (cartographie, tracés de frontières, enquêtes). Elle permet de saisir la diversité des situations coloniales, de tracer la diffusion des savoirs sur l’espace colonial et de révéler la formation de territoires coloniaux aux contours complexes, parfois enchevêtrés, indéterminés et souvent marqués par de nombreuses discontinuités. La circulation des concepts, des méthodes de description et d’explication est induite par le déplacement des principaux acteurs - explorateurs et voyageurs, militaires, ingénieurs, cartographes -, et par leurs rencontres au sein de réseaux de relation institutionnels ou informels (informateurs autochtones, associations, revues). Ils participent pleinement de la représentation des empires, président à leurs pratiques politiques et questionnent de façon originale la domination coloniale en prenant en compte la coexistence de spatialités multiples, qui ne sauraient se résumer à une opposition binaire entre spatialités européenne et indigène. Fruit d’une enquête collective et internationale menée dans le cadre d’un programme de recherche financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR), ce livre dessine un monde découpé, réduit, agrandi, ordonné et déconstruit : l’imaginaire territorial d’un monde impérial.
Alors que la « tondue » est une des images fortes de la Libération, les études furent peu nombreuses sur la question.Cette pratique fut pourtant massive et répandue sur l'ensemble du territoire français en 1944-45. Lors de ces tontes, on assiste à une véritable mise en scène du corps de ces femmes. Celles-ci, au-delà de la description d'une pratique de l'épuration extra-judiciaire, sont révélatrices de cette période où les frontières entre vie publique et privée sont largement brouillées. Cette mise en scène ostentatoire laisse alors une grande place au fantasme et à la sexualité. Elle permet de constituer un système de représentation dont les trois facettes sont : la « faute » - la collaboration -, le « châtiment » - l'épuration -, et enfin « une vision de l'avenir » - la reconstruction. Cela permet de mieux comprendre pourquoi ces tontes semblent bien avoir été une « évidence » pour l'époque, et quels ont été les enjeux de cette réappropriation du corps, de la « tondue » en particulier et des femmes en général
Résumé La France – à l’instar de tous les autres pays – est saisie par les nouvelles technologies essentiellement incarnées par l’internet au point d’avoir jugé utile de créer un secrétariat d’État chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique. Outil d’émancipation qui permet notamment un accès démultiplié au savoir, il est aussi un outil tyrannique qui met à mal les droits et libertés des individus. Dans des proportions variables et de manière différente, ce sont tout à la fois la vie privée, la liberté d’expression, les droits de propriété intellectuelle qui sont aux prises avec la fulgurance du développement des nouvelles technologies.
Summary This essay questions the concept of innovation diplomacy to determine its true perimeter and its different dimensions. To this end, it quickly addresses the strong points of an argument that appeared in the second half of the 2000s and which establishes in a very general way a filiation, or even a succession, between science diplomacy and innovation diplomacy. A historical approach shows that what is called innovation diplomacy encompasses ancient practices at the crossroads of science, technology, economy and culture. It finds that innovation diplomacy can be understood only as a hybrid concept reflecting organisations and strategies rooted in older practices articulated to the challenges of the present time.
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Résumé À l’occasion de la parution d’un numéro spécial consacré à l’histoire des femmes et des genres, il paraissait indispensable d’en faire connaître les grandes étapes aux lecteurs de la revue. Depuis le début des années 1970, l’histoire des femmes s’est imposée à partir d’une triple démarche : militante, scientifique et institutionnelle. Ainsi, les historiennes ont permis de sortir de l’universel masculin, de rendre visibles les femmes comme actrices de l’histoire. Première étape d’un cheminement qui a successivement rendu visibles les femmes, leur oppression, les relations entre hommes et femmes, les hommes en tant que masculin et non plus universel, tout simplement le monde comme sexué. En abordant aussi bien la place des femmes dans la profession, les problèmes méthodologiques, les débats historiographiques et la production scientifique, il s’agit ici de porter un regard sur une histoire ouverte, dont la légitimité paraît acquise et qui pourtant continue à rencontrer résistances et ignorance.