Centre de Recherche sur les Liens Sociaux
facilityParis, Île-de-France, France
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Top-cited papers from Centre de Recherche sur les Liens Sociaux
Cette enquete ne bouscule pas seulement certains des stereotypes sur la relation des jeunes aux nouvelles pratiques de communication, elle montre surtout combien il est difficile a l'adolescent de s'affirmer comme individu : face aux tensions entre la plus grande autonomie qu'accordent les parents et l'exacerbation des pressions au conformisme sur le lieu scolaire, quelles stategies sont mises en oeuvre pour contourner les obstacles a l'expression authentique de soi.
Le concept d’espace des mouvements sociaux désigne l’univers de pratique et de sens, relativement autonome à l’intérieur du monde social, au sein duquel les mobilisations protestataires sont unies par des relations d’interdépendance. Localiser ainsi l’activité contestataire permet de saisir la dynamique interne des relations qui unissent entre eux les différents mouvements, ainsi que, sur un plan externe, les relations que cette sphère d’activité entretient avec d’autres univers sociaux, tels le champ politique ou le monde syndical. Une attention à la dimension pratique de l’activité contestataire amène à envisager l’espace des mouvements sociaux comme un univers de compétence, exigeant de ceux qui en font partie la maîtrise d’un ensemble de savoirs et savoir-faire spécialisés. La présentation du concept apporte un éclairage sur les recompositions des mouvements sociaux contemporains dans le même temps qu’elle engage une discussion des principaux concepts de la sociologie de l’action collective.
Fruit d'une longue enquete, ce livre restitue l'histoire et la vie quotidienne d'un quartier pavillonnaire de la region parisienne, situe a mi-chemin entre l'univers des cites et les lotissements aises. Sans etre separe des zones de pauvrete, il n'en materialise pas moins des parcours d'ascension sociale. On decouvre alors les conditions, les effets et les figures de la promotion sociale, du couple d'agents EDF arrivant de province dans les annees 1960 au couple d'enfants d'immigres sortant des cites dans les annees 2000.
Le mot de « dispositif » est aujourd’hui très fréquemment employé dans le monde scolaire. On le trouve dans des textes officiels ou institutionnels, mais aussi dans nombre de travaux de recherches sur les établissements scolaires. Pourtant, dans la plupart des cas, il est utilisé sans grande précision ni problématisation. Cet article vise à le prendre au sérieux, à tenter d’en définir les usages en faisant le pari que son extension sémantique permet de mieux cerner les réalités scolaires contemporaines. Dans un premier temps, nous montrerons comment, tout en restant fidèle à une certaine analyse de l’école comme ensemble d’instruments et d’équipements, il en est venu à désigner certains d’entre eux, infléchissant la forme scolaire traditionnelle. Puis, nous mettrons alors en évidence leurs fonctions stratégiques qui révèlent et prennent en charge à bien des égards les hésitations actuelles de l’institution solaire, tant sur le plan de ses finalités que de ses modalités d’action.
Le concept d’arène publique a été développé à partir de la fin des années 90, à la faveur d’une enquête sur les racines de la sociologie des publics et des problèmes publics à Chicago au début du xxe siècle. Cette enquête a conduit à exhumer une conception pragmatiste de la publicité. La reprise de l’héritage de John Dewey, George H. Mead et Robert E. Park a permis d’imaginer une alternative aux approches discursives, délibératives ou dialogiques de la sphère publique, inspirées par Hannah Arendt ou Jürgen Habermas. Elle a aussi conduit à lire autrement les travaux de Joseph Gusfield sur la dramaturgie et la rhétorique des problèmes publics. En recourant à un concept d’arène publique, l’auteur invite à décrire les formes de la discussion publique dans ses multiples modalités et milieux, à réancrer la formation des problèmes publics dans l’expérience de situations problématiques, à reconnecter cette expérience avec des dynamiques d’enquête et d’expérimentation par des publics et à ne pas surestimer le pouvoir des mots en oubliant l’écologie des problèmes publics.
Depuis quelques décennies les sociétés contemporaines ont connu des transformations qui induisent des défis majeurs pour la sociologie. S’est ainsi consolidée une tendance structurelle qui fait de la singularité à la fois une réalité et un projet présent dans différents domaines sociaux. Surtout, cette montée structurelle de la singularité instaure progressivement une nouvelle sensibilité sociale qui infléchit bien des caractéristiques de l’individualisme de jadis. Ce double changement demand...
Abstract For the seventh time in its history the ICOM Definition of a Museum is under discussion, with a view to possible revision to be agreed at the General Conference in Kyoto in September 2019. As part of this process, ICOFOM initiated an academic debate on the Definition, welcoming museologists, museum professionals and policy makers to a suite of symposia held around the world in 2017. In this article, we consider the results of symposia held in France, Argentina, Brazil, and Scotland in the light of the changing social role of museums, and reveal how the museum has come to perceive itself differently in relation to museum values, participation and social inclusion in Europe and Latin America.
Compter le nombre de femmes au travail dans la France du XXe siècle et conter l'histoire de ces chiffres, telle est l'ambition de ce livre. Au prix d'une recherche de grande ampleur, les auteures ont rassemblé - pour la première fois - les statistiques du travail, de l'emploi et du chômage des femmes de 1901 à 2011, ces chiffres basiques que l'on peine à retrouver dans le labyrinthe des publications statistiques. À rebours des idées reçues, cet ouvrage met en évidence le poids indiscutable de l'activité laborieuse féminine dans le fonctionnement économique, sa remarquable constance, en dépit des crises et des récessions, par-delà les périodes de guerre et d'après-guerre. Jamais moins du tiers - et désormais près de la moitié - de la population active : telle est la part des femmes dans le monde professionnel au XXe siècle en France. Telle est la portée de leur force de travail. Au fil des recensements de la population, les auteures analysent les fluctuations de la division sexuelle du travail, des métiers d'antan aux professions d'aujourd'hui, et décryptent, d'un début de siècle à l'autre, les illusions d'optique statistique. Un livre original et accessible, qui intéressera, au-delà des spécialistes, toutes celles et ceux qui sont attachés à comprendre comment se construisent les stéréotypes sur la place des femmes dans la société.
Tueuses, ogresses, sorcières, pédophiles, hystériques, criminelles, délinquantes, furies, terroristes, kamikazes, cheffes de gang, lécheuses de guillotine, soldates, policières, diablesses, révolutionnaires, harpies, émeutières, pétroleuses, viragos, guerrières, Amazones, boxeuses, génocidaires, maricides... Qu'y a-t-il de commun entre toutes ces figures ? Pour le comprendre, il importe d'exhumer, de dénaturaliser, d'historiciser et de politiser la violence des femmes. Telle est l'ambition de cet ouvrage qui propose une approche pluridisciplinaire sur un sujet trop longtemps ignoré des sciences sociales. Cette somme inédite, réunissant des études historiques, anthropologiques, sociologiques, linguistiques et littéraires, révèle combien la violence des femmes est au cœur d'enjeux d'ordre à la fois politique et épistémologique. Penser la violence des femmes, c'est en faire un véritable levier pour considérer autrement la différence des sexes, la violence et, par-delà, l'ordre social.
À partir d’une enquête par entretiens auprès de femmes en couple, cet ouvrage propose une analyse sociologique de la parentalité lesbienne appréhendée à partir de l’exercice du travail parental fourni par les mères. Au-delà des individus, ce sont les deux membres d’un couple qui ont été rencontrés couples de même sexe et ayant élaboré un projet parental, conduisant à diverses configurations familiales organisées autour de l’adoption, la coparentalité, l’insémination artificielle avec donneur connu ou inconnu, ou encore un rapport hétérosexuel. Le but de cette recherche est à la fois de révéler une vie quotidienne peu connue, souvent rendue invisible par le stigmate pesant sur l’homosexualité, et de réfléchir sur « la » famille et le cadre hétéronormatif dans lequel elle se définit. Travailler sur la parentalité lesbienne, c’est en effet interroger par la marge un ensemble de normes régissant le couple et la filiation à l’intersection de la sexualité et de la domination masculine, se demander : comment est-on mère quand on est lesbienne ? Comment est-on mère avec une autre femme, c’est-à-dire quand la « différence des sexes » est absente et quand on n’en a pas le statut légal ? Et, finalement: comment est-on mère « tout court » dans la société contemporaine ?
L’article retrace les deux grands profils analytiques de la notion d’épreuve en sociologie et leurs filiations intellectuelles respectives. L’épreuve sanction, dont l’origine première est liée à la naissance de la science moderne, a par la suite été développée dans le cadre de la philosophie pragmatique, puis de la sociologie pragmatique. L’épreuve défi, dont les premières sources se trouvent dans la tradition humaniste des exercices spirituels et les étapes de la formation classique du caractère, a été reformulée par la philosophie de l’existence, puis par la sociologie. À travers ce parcours, l’article propose un éclaircissement des principaux enjeux propres à chacune de ces lectures, avant de conclure sur leur commun attachement à une interprétation contingente des événements sociaux.
« Le » malaise enseignant n’existe pas. Mais face aux inégalités scolaires, aux transformations du métier, à l’accumulation de réformes, aux difficultés relationnelles dans les classes, ce sont « des » malaises qui sont vécus par les enseignants de collège et lycée. Leurs trajectoires et expériences, bien que très différentes, sont unifiées par des défis communs. Ce livre entend les éclairer au plus près du travail réel, en proposant pour chacun d’entre eux, une analyse outillée par les sciences sociales. Relu et discuté par des enseignants, largement illustré par leurs témoignages, il propose de relire en termes collectifs des épreuves qui restent souvent vécues de manière individuelle, et parfois douloureusement solitaires. Au plus loin de toute prescription de « bonnes pratiques », il est écrit pour les enseignants et pour tous ceux qui s’intéressent à l’école.
The objective of this article is to understand how the specific interactions between actors involved in the production of performance influence the socialization process by which cyclists learn their job. In particular, we try to understand how these interactions determine the reported attitudes towards doping products and methods. We focused on the interactions within the work group to understand how young cyclists learn their job. While analysing this organization of work, our goal is to understand how it influences the perception of the use of performance-enhancing drugs (PEDs). We compared socialization of young elite and U23 cyclists in Belgium, France and Switzerland. We analysed the economic, legal and organizational conditions in each country, and we conducted 70 semi-structured interviews with cyclists and their staff.
Cet article porte sur la financiarisation, considérée comme un processus de transformation du monde par des pratiques, théories et instruments nés dans le secteur financier et utilisés désormais pour revisiter des questions a priori très éloignées (sociales, environnementales, éducatives, culturelles,...). Cette financiarisation des politiques publiques semble découler du projet de mobiliser l’épargne privée afin de desserrer les contraintes financières des pouvoirs publics. Nous distinguons différentes opérations qui, prises ensemble, constituent ce que nous appelons le « travail de financiarisation ».
Résumé Fondé sur une enquête portant sur un groupe de travailleurs subalternes très majoritairement de sexe masculin – les conducteurs de bus de la ratp en région parisienne –, cet article a pour point de départ un ensemble de constats concernant la manière dont ces conducteurs parlent de leur travail. Les propos de ceux-ci font fréquemment référence au thème de la difficulté « psychologique » de leur métier, et font apparaître une perméabilité du groupe des conducteurs à ce que Robert Castel a proposé d’appeler la « culture psychologique de masse ». Cette perméabilité n’allait pas de soi. On pouvait s’interroger en effet sur la relation qu’étaient susceptibles d’entretenir des hommes appartenant au salariat d’exécution, proches des milieux populaires, avec ce type de culture. On se propose ici de mettre cette perméabilité en évidence, d’en rendre compte, d’en montrer en même temps les limites, et de dégager ses implications pour une sociologie des univers culturels des catégories populaires d’aujourd’hui.
The sociological study of individuation processes in modern occidental societies has mobilized the thesis of institutional individualism as a key concept. This article argues that this thesis may not be appropriate to understand societies with different cultural traditions and institutional practices. Based upon the results of qualitative research conducted in Chile the article discusses the existence of a specific path to individuation in this society. The data show the analytical preeminence within the individuation process in Chile of a group of competences that must be generated and developed in confronting social life itself. Individuation leads in Chile to the constitution of relational hyper-actors based upon four dimensions: self-effort, abilities, interpersonal relationships and pragmatic consistency. This is what we propose to understand as agentic individualism.
International audience
La professionnalisation des cursus universitaires travaille l’institution depuis trente ans, mais s’accélère dans le cadre de la réforme LMD (licence-master-doctorat). Elle est censée répondre à la demande économique et à celle des étudiants qui souhaitent optimiser leur investissement. L’offre de formation doit garantir sa visibilité et sa pertinence. Or, le décryptage des procédures de création des formations démontre l’opacité des prises de décision et la dispersion de l’offre. En parallèle, le maillage des publics et l’autofinancement introduisent le marché et participent de la transformation des modes d’organisation de l’université.
Abstract Working pressure (P) and heating plate temperature (T) were considered to be the most important factors affecting the kinetics of the freeze-drying operation for apple slices as well as the criteria of final product quality (appearance/shape, colour, texture, rehydration ratio). Freeze-drying experiments involving a thick layer of slices under different processing conditions were designed according to a central composite rotatable system with two factors (P, T). Results were analysed by response surface methodology (RSM). By superimposing all quality criteria contour plots, the optimum levels of processing conditions yielding the best quality freeze-dried apple slices were determined to be an operating pressure of 50 Pa, and a heating plate temperature of 55 °C. For a product loading of 17 kg m−2, the freeze-drying time ranged from 48 to 50 h. The experimental values of the freeze-drying time, appearance and colour of freeze-dried apple slices obtained with these optimal conditions were very similar to those predicted by the corresponding second order polynomial model. The rehydration ratio of freeze-dried apples was about 0.55 g g−1 of water removed and the texture loss of rehydrated apples was estimated to be more than 85%.
Pourquoi vouloir, aujourd'hui, retourner aux sources du pragmatisme américain et à sa conception de la croyance et de l'enquête ? Essentiellement pour mettre en évidence le parallélisme de son effort pour dépasser l'idéalisme de l'héritage cartésien et kantien avec celui opéré par la sociologie naissante à la même époque. Nous découvrons alors que le rapport de ce courant de pensée aux sciences sociales en général, à la sociologie en particulier, est interne. Car s'il est un aspect essentiel dans le pragmatisme, c'est la reconnaissance de la constitution sociale de l'esprit et de l'antécédence de la société sur le soi. Le « facteur social » est Inscrit au plus intime de la croyance et de l'enquête, de la connaissance et de l'action, de la conscience et de la conscience de soi. Et le principe de la société est à chercher non pas dans le psychique, mais dans les processus de la communication humaine. C'est sur un tel constat que doit se fonder tout projet de naturalisation de l'esprit.